Le Maréchal de La Fayette se marie à Bouthéon en 1424 avec Jeanne de Joyeuse.

Souhaitant mettre en valeur l’importance des La Fayette pour Bouthéon, nos recherches nous ont conduit vers Pontgibaud qui est située à 30 Kms à l’Ouest de Clermont Ferrand (à côté de Vulcania).
Pour éviter toute ambiguïté, il est très important de ne pas confondre :

- le Maréchal Gilbert de la Fayette (1380-1463) compagnon de Jeanne d’Arc
- le Général Marie Joseph Paul Marquis de la Fayette qui participe le 11/9/1777 à la bataille de Brandywine lors de la guerre d’Indépendance américaine.
Cet épisode glorieux est montré au château de Vollore situé à côté de Thiers.

Origine des la Fayette :

D’après Ambroise Tardieu, la séparation des 2 branches (celle du Marquis de La Fayette et celle du Maréchal de La Fayette) se situe vers 1280.

Cette photo prise en 2004
par Mireille Roux
donne la hauteur des remparts
construits par la Fayette
à Pontgibaud vers 1440

Préambule sur les « moineaux » :

En 2004, les travaux en cours au château de Bouthéon ont révélé des constructions qui sont présentes dans les douves depuis le 15ème siècle.
Les douves de Bouthéon sont des douves sèches très larges et très profondes :
on peut estimer leur largeur autour de 18 mètres, leur profondeur à 5 mètres.
Ces douves sont qualifiées à fonds de cuve, le mur intérieur s’appelle l’escarpe, le mur extérieur la contrescarpe.
En 2004, seules les douves côté sud sont visibles, les dimensions sont imposantes. Les constructions découvertes dans les douves s’appellent des moineaux.

Définition d’un moineau :

Un moineau est une petite structure uniquement défensive implantée dans les fossés afin de protéger les bases des murailles contre le travail de sape des agresseurs (c’est une défense rasante).

Les moineaux de Bouthéon :

Il s’agit d’un moineau double implanté devant le portique d’entrée côté matin (côté est). L’un mesure 2,40 m sur 3,10 m ; l’autre 2,40 m sur 4 m.
Ce moineau double n’est pas relié au château. Il date du 15ème siècle.
A l’intérieur, 5 meurtrières sont visibles : ce sont des archères canonnières.
Beaucoup plus tard, ces moineaux ont été recouverts de terre et un pont dormant a été rajouté de chaque côté afin de recouvrir toute la largeur de la douve (18 m).
En 2004, pour accéder à ces moineaux il faut descendre et passer sous le pont dormant côté ouest.
Des sites Internet évoquent d’autres moineaux au 15ème siècle, mais à ce jour nous n’avons pas trouvé en France d’autres constructions ressemblant aux moineaux de Bouthéon.

porte située entre le 1er moineau et le 2ème moineau - photos prises en 2004
archère canonnière qui se trouve
aujourd’hui à hauteur du sol

Plans des moineaux dessinés par Jean Claude Massard
Coupe de l’existant en 2004 dans l’axe Est-Ouest

Schéma illustrant les douves, les moineaux, les archères canonnières, au XVème siècle en se situant à côté de la tour de la chapelle :

Peut-on attribuer ces moineaux au maréchal de La Fayette ?

Plusieurs indices nous permettraient de le faire, sans constituer pour autant des certitudes absolues :

1°) La Fayette est à l’origine des ordonnances de Charles VII concernant les premières garnisons militaires (ancêtres de nos gendarmeries)
2°) La Fayette s’est marié à Bouthéon en 1424
3°) En 1438, le maréchal de la Fayette fortifie la ville de Pontgibaud
4°) La famille de la Fayette a possédé Bouthéon jusqu’en 1462

Détaillons successivement ces indices :

1°) La Fayette est à l’origine des ordonnances de Charles VII
sur les premières garnisons militaires (ancêtres de nos gendarmeries)

En 1421, la Fayette a été nommé Maréchal par le futur Charles VII.
A son avènement au trône de France en 1422, Charles VII hérite d’un royaume presque entièrement sous domination anglaise. Conscient des erreurs commises, face à une situation de guerre qui perdure, le roi met en œuvre une réforme radicale de ses armées. Une volonté à laquelle son successeur Louis XI ne dérogera pas. L’ordonnance de 1448 a été préparée et inspirée par le maréchal de la Fayette.

Le 2 Novembre 1439 Charles VII prit une ordonnance (la Grande Ordonnance de 1439) qui reprend les « méditations » de La Fayette et qui se résume en ces mots :

- armée unique et permanente
- impôt unique et permanent
- garnisons relevant de l’autorité du roi

2°) La Fayette s’est marié à Bouthéon en 1424

Pour son mariage à Bouthéon en 1424, il a invité tous les principaux dignitaires du duché de Bourbonnais. La liste des personnalités présentes est impressionnante. Ce mariage lui a peut être permis de montrer une mise en pratique concrète d’une défense d’un château (des archers, des moineaux, des douves sèches …). Comme indiqué dans les pages précédentes, le château de Bouthéon était bien défendu. Quand on prend la peine de défendre les fonds de fossés, on peut supposer que l’ensemble des bâtiments était bien structuré défensivement.

Cette porte surmontée d’un arc en accolade existait certainement déjà lors du mariage de Jeanne de Joyeuse et du Maréchal Gilbert de la Fayette.

Elle est située au 1er étage du donjon dans l’ancien bâtiment côté sud.

L’arc en accolade est un élément caractéristique du XVème siècle.

3ème indice : En 1438, le Maréchal de la Fayette fortifie une autre ville

En 1438, une lettre de Charles VII nous apprend qu’il accorda à Gilbert III de la Fayette le droit de fortifier et remparer la Basse-Cour du Chastel de Pontgibaud afin que la population puisse tenir retraite. En 1444, une autre lettre patente à Charles seigneur de la Fayette et Pontgibaud fils de Gilbert III et Jeanne de Joyeuse, accorde le droit de fortifier et remparer la Ville de Pontgibaud.

4ème indice : La famille la Fayette a possédé Bouthéon jusqu’en 1462

Les moineaux de Bouthéon ont comme moyen de défense des archères canonnières. L’évolution des techniques des armes à feu correspond tout à fait à la période habitée par la famille La Fayette. En effet, fin du 15ème siècle, les moyens de défense deviennent des canonnières comme on peut en voir au château de Bonaguil dans le Lot.

Gilbert de La Fayette décède en 1463. Il est enterré à la Chaise Dieu.
Jeanne de Joyeuse décède en 1480, son gisant est conservé au château de Pontgibaud (photo ci-dessous prise en 2004 par Mireille Roux).

Ce qui reste visible en 2004 :

Pontgibaud :

- l’imposante porte fortifiée
- Le gisant de Jeanne de Joyeuse conservé au château

La Chaise Dieu :

- la plaque du maréchal de La Fayette : elle se trouve dans le jubé à gauche dans l’église, y figure la devise Merito qui donne l’anagramme Motier.

Chavaniac-Lafayette (à côté de Brioude) :

- le portrait du maréchal de la Fayette Bouthéon :
- les moineaux du château de Bouthéon
- les douves sèches (côté sud environ 18 mètres de large)

Vous pouvez maintenant découvrir le contrat de mariage en vieux français.